FRANZ BRENTANO

 

Brentano est un philosophe né à Marienberg en Allemagne en 1838 et mort à Zurich en 1917. Son œuvre a eu une grande influence sur l’évolution de la pensée philosophique au XX° siècle. Il eu, en effet, comme élève des philosophes comme Husserl, Ehrenfels, Stumpf, Meinong ou Marty, et tout tend désormais à penser que les analyses de la valeur subjective de la théorie autrichienne de l’utilité marginale (Menger*, Böhm-Bawerk*, Hayek*) sont complémentaires de ces théories de Meinong, d’Ehrenfels et de Kraus (Cometti et Mulligan 2001, p.10). L’importance qu’il accorde dans sa philosophie à l’intentionnalité et à la psychologie est aussi la marque d’une tradition autrichienne qui au-delà de la tradition kantienne et des écoles idéalistes de la philosophie contemporaine de la connaissance se propose de construire une forme renouvelée de réalisme aristotélicien. Brentano inspira, en effet, de manière significative Carl Menger (Smith 1990 1994). On retrouve la place décisive qu’Hayek accorde à la psychologie dans son livre L’ordre sensoriel, avec Psychologie du point de vue empirique (1874 – 1911) qui inventa une forme de psychologie descriptive non expérimentale. Cette psychologie atteint, en effet, sans induction une connaissance a priori. Le philosophe connaît des faits fondamentaux de la conscience par l’inspection directe des phénomènes psychiques. Brentano annonce ainsi une forme psychologique d’apriorisme réaliste* qui inspira un nouvel idéalisme, la phénoménologie d’Husserl. Il donne une grande importance aux phénomènes psychiques qu’il définit comme une représentation. Avant de juger, de vouloir, de sentir, il faut se représenter. Brentano annonce aussi le thème de l’intentionnalité développé par Mises dans une tradition philosophique opposée, la philosophie kantienne. Selon Brentano l’intentionnalité est une relation. Une relation dans la tradition scholastique est un rapport intentionnel. L’acte psychique porte en lui-même l’intention vers l’objet auquel il se réfère. Il permet d’atteindre un objet qui est hors de lui. La musique, par exemple, est l’acte intentionnel de l’acte d’écouter et celui-ci l’objet de la joie. L’acte psychique est ainsi conscience de quelque chose, mais aussi conscience de lui-même. L’importance de ces thèmes dans le subjectivisme de l’école autrichienne d’économie marque ainsi une continuité de problématique sans que l’on puisse cependant parler de continuité dans les solutions avancées. Il conduit aussi à s’interroger sur l’intérêt de prolonger des travaux comme ceux de Searle pour approfondir l’un des thèmes central des sciences économiques adhérant à l’individualisme méthodologique, l’intentionnalité.

François Facchini

Mars 2006

 

Bibliographie :

 

Cometti J.P. et Mulligan K. (ed.) (2001), La philosophie autrichienne de Bolzano à Musil. Histoire et actualité, Librairie Philosophique J. Vrin.

Smith B. (1990), « Aristote, Menger, Mises: a Categorial Ontology for Economics », History of Political Economy, annual supplement to 22, pp.263-288.

Smith B. (1994), Austrian Philosophy. The Legacy of Franz Brentano. Open Court. Chicago and La Salle, Illinois.

 Searle John http://ist-socrates.berkeley.edu/~jsearle/